Un mouton pour l’Aid al Adha

mouton-deguiseLa fête de l’Aïd El Adha est passée au second plan pour les familles algériennes. Concentrées sur le match d’appui des Verts contre l’Egypte, elles s’en sont détournées le temps de la fête. Mais l’euphorie de la victoire passée, voilà revenus les soucis quotidiens, dont celui de l’achat du mouton de l’Aïd.

A chaque fois, la capitale connaît à l’approche de cette fête un nouveau commerce et de nouveaux points de vente. A l’approche de l’Aïd El Adha, maquignons, éleveurs et revendeurs de cheptel envahissent la ville. Des troupeaux de moutons sont aperçus dans tous les quartiers et cités des communes d’Alger. Les ovins sont parqués généralement sur des terrains vagues transformés à l’occasion en marchés de bétail ou bien dans des hangars et autres garages de particuliers.

 

Troupeaux de moutons et bottes de foin sont proposés par des vendeurs vêtus de «kachabia» venus des régions pastorales de l’intérieur de pays. Un nouveau décor est planté et l’image de la capitale change.

A Bordj El Kiffan, à l’est d’Alger, des stations de lavage et de graissage, des garages de particuliers, des espaces verts se sont transformés en enclos à cheptel. Le même constat est perceptible au centre et à l’est d’Alger où certains quartiers comme Belouizdad, Bab El Oued, El Biar, Beni Messous, Bouzaréah et autres localités ont aménagé des points de vente dans la moindre poche urbaine, le moindre espace libre, qui sont transformés en marchés informels par des vendeurs professionnels et occasionnels. Un état des lieux effrayant.

A défaut de réglementer la profession, on constate que les autorités locales ne sont toujours pas arrivées à organiser la vente de moutons en obligeant les revendeurs à parquer leurs bêtes dans les aires aménagées à travers la wilaya. Un vrai laisser-aller. La capitale en ces circonstances ressemble à tout sauf à la Blanche Alger. Saletés, odeurs nauséabondes et bêlements agressent les regards et les narines, alors que les crottes de mouton couvrent les trottoirs. Des bottes de foin et des sacs-poubelles éventrés jonchent les abords des routes et des autoroutes.

Des prix déraisonnables

Sur près de 21 millions de têtes d’ovins, 3 à 3,5 vont être sacrifiés cette année. Un cheptel en augmentation de 15 à 20% par rapport à l’année dernière, résultat d’une amélioration de la natalité. Ce qui n’empêche pas la flambée des prix sur le marché. Ils varient entre 15 000 et 60 000 dinars. Devant l’érosion du pouvoir d’achat et la flambée effrayante des prix, le citoyen devra, encore une fois, se saigner aux quatre veines pour fêter ce rituel religieux.

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