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Le gazoduc Galsi, devant relier l’Algérie, la Sardaigne et l’Italie continentale, va-t-il alimenter en gaz la Corse ? C’est l’une des questions dont la réponse n’a pas encore été annoncée par les six actionnaires du projet, à savoir le groupe autrichien OMV, le nouveau venu RWE, numéro deux allemand de l’énergie, et les sociétés nationales Botas (Turquie), Bulgargaz (Bulgarie), MOL (Hongrie) et Transgaz (Roumanie). C’est en fait ce qui ressort de la réponse du président-directeur général d’OMV, M. Wolfgang Ruttenstorfer, qui a annoncé d’après l’AFP, mardi dernier à Vienne, que «les actionnaires étaient prêts à accueillir un septième partenaire, dans la mesure où cela renforcerait le projet.» Il n’a cependant pas donné de nom.
D’ailleurs, «aucun des dirigeants d’entreprise n’a voulu s’avancer sur une éventuelle participation de Gaz de France», ajoute la même source. Le ministre roumain des Finances, Varujan Vosganian, a relativisé les déclarations de son président Traian Basescu qui avait, la veille, annoncé que «le groupe français serait associé au projet, au cours d’une conférence de presse avec son homologue français Nicolas Sarkozy à Bucarest», puisque il s’agit «d’une annonce d’ordre protocolaire». En fait, toute décision (sur un éventuel septième partenaire, ndlr) «doit être prise et annoncée par les six partenaires», a-t-il insisté. Le responsable du groupe turc Botas, Saltuk Düzyol a, lui aussi, insisté sur le fait que toute décision en la matière devrait être prise par l’ensemble des associés. Cependant, il est utile de rappeler que «la Turquie s’était opposée il y a plusieurs mois à l’entrée d’un groupe français dans le projet, pour protester contre la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement français», explique l’AFP. En attendant, le Premier ministre français, François Fillon, a, lors d’une récente rencontre avec des élus corses, confirmé «l’engagement de l’Etat français à faire raccorder la Corse au gazoduc Galsi», a rapporté hier un quotidien national citant la presse locale française. Sur le plan diplomatique, M. Fillon a expliqué que «la France progresse sur le plan diplomatique, puisque l’Italie et l’Algérie ont donné au gouvernement un accord de principe». Selon la même source, Gaz de France doit maintenant faire une étude technique de faisabilité qui sera financée par l’Etat. Le Premier ministre français remet au goût du jour la promesse de Jacques Chirac faite il y a déjà deux ans. Par ailleurs, le président français, Nicolas Sarkozy, avait promis lors d’une visite en Corse fin août 2007 qu’il demanderait au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, que «le gazoduc Galsi, en projet entre l’Algérie et l’Italie, préserve au moins la possibilité d’un raccordement avec la Corse».
Dans cette optique, le Premier ministre a d’ailleurs demandé à M. François Loos, ministre délégué à l’industrie, selon un quotidien national, «de prendre des contacts avec son homologue italien pour examiner les perspectives d’un raccordement au gazoduc Galsi». Ce qui a permis à M. François Loos de demander une expertise économique et industrielle de la faisabilité d’un tel raccordement.
Un groupe de travail a été mis en place, en liaison notamment avec les opérateurs EDF et Gaz de France. Cette étude, qui doit être remise ce mois-ci, devrait éclaircir des zones d’ombre relatives à la faisabilité d’un raccordement, tant du point de vue de la sécurité de l’approvisionnement que du point de vue industriel et économique. Notons enfin que le projet Galsi, qui va irriguer la Sardaigne et rejoindre le nord de l’Italie, pourrait donc alimenter la Corse. En effet, depuis les coupures électriques de l’hiver 2004, l’approvisionnement énergétique de la Corse se pose.
Notons enfin que l’Algérie a décidé de construire un nouveau gazoduc, le Galsi, pour relier directement l’Algérie et l’Italie, qui est l’un des plus grands consommateurs de gaz en Europe. Le Galsi reliera directement le gisement gazier géant de Hassi R’mel à la Sardaigne en Italie, en passant par El Kala. Le Galsi, transportera, à partir de 2009, 8 milliards de m3 de gaz destiné à l’Italie et d’autres pays européens. |