Alger met en cause le témoignage d'un général français
Le ministre algérien de l’Intérieur Yazid Zerhouni a mis en cause dimanche le témoignage d’un général français sur l’assassinat des sept moines français de Tibéhirine en 1996, dans ce qui constitue la première réaction officielle du gouvernement algérien.
Cette affaire « me rappelle un genre de théâtre japonais (le kabuki) qui consiste à faire danser des marionnettes et, à l’arrière salle, il y a un souffleur qui leur dicte les paroles à prononcer », a déclaré M. Zerhouni à la presse qui l’interrogeait en marge d’une visite à Alger.
« La scène se déroule, bien évidemment, là-bas à Paris et pas ici en Algérie », a ajouté le ministre algérien, dont les propos sont rapportés par l’agence de presse APS.
M. Zerhouni était interrogé par la presse sur la relance récente de ce dossier à la suite du témoignage du général François Buchwalter, ancien attaché de Défense français à Alger.
Ce dernier a attribué la mort des sept religieux français à une « bavure » de l’armée algérienne, dans une récente déposition devant le juge antiterroriste chargé de l’enquête.
Il s’agit de la première réaction officielle algérienne aux déclarations du général français. Le Rassemblement national démocratique (RND, libéral) du Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait dénoncé pour sa part une « nouvelle provocation à l’égard de l’Algérie ».
Officiellement les sept religieux français ont été tués par le Groupe islamique armé (GIA). Un ancien chef du GIA, Abdelhak Layada, a affirmé le 9 juillet que les moines avaient bien été exécutés par son mouvement.
Charles Millon, ministre de la Défense à l’époque du massacre des moines, a affirmé mardi « n’avoir jamais été informé » d’une note de l’ex-attaché militaire français en Algérie sur le sort des religieux.
Le ministre de la Défense actuel, Hervé Morin, avait assuré plus tôt le même jour que les recherches par les services du ministère d’une note de l’ex-attaché de défense à Alger n’avaient pour l’instant rien donné.