Des députés algériens préparent une loi sur les crimes coloniaux
Un nouvel avis de tempête secoue les délicates relations franco-algériennes. Les députés algériens relancent le débat sur « les crimes coloniaux en Algérie ».
Quarante-huit ans après son indépendance, l’Algérie rentre dans une nouvelle période de tension avec la France. À l’initiative de 120 députés de la majorité du président Bouteflika, une loi est en préparation. Elle exigerait de la France la reconnaissance des « crimes coloniaux », et une indemnisation, au cas par cas, des victimes sous forme de réparations morales et financières.
Le texte demande la création d’une cour pénale spécialisée dans les crimes de guerre. Enfin, un article évoque les relations franco-algériennes « fondées dans la durée et sur des bases solides ». Selon le député FLN, Moussa Abdi « tout projet franco-algérien doit se construire à l’avenir sur des principes de paix, de fraternité et de réconciliation ».
Dès l’automne dernier, plusieurs déclarations publiques avaient relancé le débat. Chez certains hauts dignitaires algériens, le fait que Paris ait mis en avant « les aspects positifs de la colonisation » n’est pas passé. Le ministre algérien des Anciens combattants, regrettait en octobre dernier que « plusieurs zones d’ombre demeurent non élucidées » dans l’histoire algérienne. Il sous-entendait celles liées à la colonisation et non pas les pans entiers de l’histoire du FLN et des règlements de compte qui ont émaillé l’existence de ce parti, pendant et après la guerre d’Algérie. Le ministre avait lancé « un appel à la France officielle à s’excuser pour les crimes et massacres commis par la France coloniale… »