| Lors de sa rencontre avec Bouteflika, Al-Kadhafi torpille le projet de Sarkozy |
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Le mini-sommet de Tripoli s’est achevé avant même d’avoir commencé. Al-Kadhafi dit non à l’UPM, alors que ses partenaires de l’UMA et du Moyen-Orient tentent de négocier une place digne au sein du projet de Sarkozy à un mois du Sommet de Paris.
Alors que les pays de la rive sud n’ont pas encore donné de réponses claires au projet de l’Union pour la Méditerranée proposé par le président Sarkozy, voilà que le dirigeant libyen Mouammar Al-Kadhafi jette un pavé dans la mare en affirmant que l’UMP porterait atteinte à l'unité arabe et africaine. C’est un refus catégorique de la Libye au projet européen qui, selon des diplomates joints par téléphone, piège les autres pays de l’UMA dans leur démarche de concertation concernant l’Union pour la Méditerranée. “Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l'Union africaine, et nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l'unité arabe ou africaine. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela”, a-t-il dit. “Si l'Europe veut coopérer avec nous, qu'elle le fasse avec la Ligue arabe ou l'Union africaine (...). Nous n'acceptons pas que l'Europe traite avec un seul groupe” de pays, a-t-il déclaré. Mouammar Al-Kadhafi a poursuivi : “L'UE veille sur son unité et refuse sa division et l'initiative de notre cher ami, le président français Nicolas Sarkozy, a été rejetée fermement par l'Europe. La Ligue arabe n'accepte pas également de disperser ses rangs et de détruire son unité.” Au sommet européen de mars, la France avait dû accepter que son projet se contente essentiellement de redynamiser un processus de Barcelone amorphe, et soit ainsi rebaptisé “Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée”.
Cette rencontre, à l'initiative de la Libye, doit examiner l'adhésion des pays arabes au projet d'UPM, dont la proclamation est prévue le 13 juillet à Paris. Vendredi dernier, lors d'un Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger, les pays arabes avaient demandé des “clarifications” sur la participation d'Israël à l'UPM. Le même jour, le président français a affirmé que la présence d'Israël ne posait “pas de problème” à des pays comme l'Égypte, la Tunisie et le Maroc. L’Algérie avait posé un certain nombre de conditions qui, au-delà de la question liée au conflit israélo-arabe, a exigé que l’UPM soit accompagnée d’une politique visant à faciliter la libre circulation des personnes entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée.
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