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La ministre française de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, a affirmé, lors d’une conférence de presse animée, hier, au siège de la direction générale de la Protection civile que l’Algérie «est un partenaire stratégique de première importance pour la France dans tous les domaines, que ce soit économique, culturel, sécuritaire ou sur le plan de la circulation des personnes».
Tout en rappelant que les deux pays bâtissent, à l’heure qu’il est, une relation d’exception, la conférencière dira que «nous avons à cœur de mettre en œuvre la feuille de route, fixée par les présidents algérien et français». Mais pas seulement, puisqu’elle réaffirmera son engagement personnel pour accroître le partenariat, notamment le développement des actions communes en matière de protection civile, et ce, en vue de donner une nouvelle impulsion à même d’assurer une meilleure protection à nos populations.
La même intervenante a, dans un autre contexte, indiqué avoir rencontré les responsables des collectivités locales, avec lesquels elle a abordé la question de la décentralisation, mais aussi la possibilité de renforcer le partenariat dans ce domaine.
Lors des entretiens que l’hôte de l’Algérie a eus avec les responsables, les débats ont également porté sur le rôle de la police technique et scientifique, un moyen capable d’apporter un plus pour la sécurité des populations. Dans le même ordre d’idées, elle ajoutera que l’analyse génétique et digitale, une fois généralisée, jouera un rôle important non seulement dans la lutte contre le crime, mais également dans la dissuasion.
La même voix estime nécessaire la conjugaison de tous les efforts pour lutter contre le terrorisme, celui-là étant un phénomène transnational, et il est évident que la réponse soit internationale, dont l’Algérie en est un partenaire clé et stratégique de par son expérience.
La question du partenariat dans le domaine sécuritaire dans les régions maghrébine et méditerranéenne s’est invitée au débat, avec, à la clé, la position de l’Hexagone par rapport à la question sahraouie. Sur ce point, la ministre française dira que «la position de la France a toujours été conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, et a toujours souhaité un apaisement et un dialogue entres les parties concernées».
Pour ce qui est du culte musulman et la liberté de culte en France, elle rappellera que présentement, il y a de jeunes musulmans enrôlés dans l’armée française. Une façon, pour elle, de dire que l’Islam dans l’Hexagone est perçu sur le même pied d’égalité que les autres religions.
La ministre française a indiqué, par ailleurs, que le problème de la drogue nous interpelle, et que la drogue de l’Amérique latine transite par l’Afrique via le Sénégal notamment, d’où l’installation, par l’Union européenne, d’un centre d’information en Atlantique, et qu’il est question de l’installation d’un centre similaire en Méditerranée.
A la question de savoir si l’Algérie bénéficiera d’une structure dans le cadre de l’Union méditerranéenne, elle précisera que la question principale est de savoir si cette union est utile à quelque chose. Dans le même sens, elle notera que «d’ici 20 ans, il va y avoir de grands ensembles démographiques et économiques, la Chine et l’Inde notamment, et si l’Europe et les pays du Maghreb ne se mettaient pas ensemble, ils seraient des nains démographiques et économiques.
Aussi a-t-elle plaidé pour un ensemble susceptible de peser sur les plans économique et culturel, d’autant plus que les pays méditerranéens «ont en commun des origines, une culture». Par ailleurs, elle dira que la question de la libre circulation des personnes ne doit pas se faire au détriment de la sécurité, notamment avec le problème du terrorisme. Pour ce qui est de l’évangélisation, elle fera savoir qu’elle a évoqué avec le ministre algérien des Affaires religieuses un ensemble de thèmes ayant trait à la vison tolérante de l’exercice des religions, mais aussi celui de la montée des sectes qui pourrait constituer un danger pour les peuples.
Enfin, et au sujet de l’annulation de la visite du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, elle affirmera qu’il viendra prochainement.
En outre, la ministre française de l'Intérieur, Mme Michèle Alliot-Marie, a entamé, hier après-midi, une visite de travail dans la wilaya de Tlemcen, accompagnée du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni, Mme Alliot-Marie a visité le siège de la sûreté de wilaya où un exposé sur la lutte contre la criminalité lui a été présenté. Au programme de la visite de la ministre française de l'Intérieur, une virée touristique dans les sites historiques classés, dont le palais El Mechouar (13e siècle), le mausolée de Sidi Boumediène, le minaret de Mansourah ainsi que Sahridj Mebedda (grand bassin). La délégation officielle devait, par ailleurs, visiter le complexe intégré de l'auditorium de l'université Aboubekr-Belkaid de Tlemcen ainsi que le campus universitaire de Mansourah. Avant de quitter la wilaya de Tlemcen, Mme Alliot-Marie devait se recueillir aux cimetières chrétien et juif de la ville. |