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Kouchner sera porteur d’un message du président français, au président Abdelaziz Bouteflika, dont on ignore le contenu. «Le principal objectif de ce déplacement est d’aborder avec nos partenaires algériens le dossier de l’Union pour la Méditerranée, dont l’Algérie doit être un acteur majeur», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani.
«La relation bilatérale franco-algérienne sera également à l’ordre du jour». Le chef de la diplomatie française «fera le point avec les autorités algériennes sur les nombreux dossiers qui avaient été initiés» lors de la dernière visite, il y a six mois, du président Sarkozy en Algérie. Pour le Quai d’Orsay, ces dossiers «incarnent le partenariat d’exception souhaité par les deux chefs d’Etat».
Selon la même source, «cette visite sera enfin l’occasion d’aborder l’ensemble des questions régionales et internationales». Le président Sarkozy avait proposé à l’Algérie, lors d’une visite officielle en décembre, de construire «l’Union méditerranéenne» sur la base de «l’amitié franco-algérienne». La visite de Kouchner, qui sera reçu par le président Bouteflika, sera peut-être l’occasion de rassurer définitivement, Alger sur son rôle dans ce futur bloc méditerranéen.
En effet la course aux postes a commencé depuis des semaines, et certains pensent que l’Algérie, sera «marginalisée», dans les structures de cette future union. «Méfiez-vous des rumeurs !» a simplement répondu Michèle Alliot-Marie, la ministre française de l’Intérieur, qui a précédé, il y a une semaine, son collègue des Affaires étrangères, à Alger.
Michèle Alliot-Marie a toutefois rassuré que «l’Algérie, qui jouit d’une position stratégique et fondamentale dans la région, est à même de jouer un grand rôle dans cette union». La rumeur avance que cette marginalisation se ferait au profit de l’Egypte, de la Tunisie et du Maroc. L’Egypte se verrait intronisée co-présidente avec un chef d’Etat ou de gouvernement de la Rive Nord, de l’Union pour la Méditerranée. Le poste de secrétaire général serait promis aux Tunisiens, voir au Marocains. Le président Sarkozy veut lancer le 13 juillet l’Union pour la Méditerranée, un projet de partenariat entre l’UE et ses voisins du sud de la Méditerranée.
Il avait proposé début mars que l’Union pour la Méditerranée soit «co-présidée par un président de la rive du Nord et un président de la rive du Sud» et son Premier ministre François Fillon a proposé récemment à Rabat que le siège soit situé dans un pays du sud.
L’Egypte a déjà pris l’initiative. Elsle a annoncé jeudi dernier, la tenue, le 24 mai au Caire, d’une réunion ministérielle des pays arabes concernés par le «processus de Barcelone» afin de se concerter sur l’initiative française de créer «l’Union pour la Méditerranée».
Outre les Palestiniens, neuf pays arabes sont concernés par le dialogue euro-méditerranéen de Barcelone, lancé en 1995 par l’Union européenne en direction des pays du Sud : Egypte, Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie, Syrie, Jordanie et Liban.L’Algérie a toujours réservé sa réponse quant à la suite à donner à l’initiative du président français. |