| 5 Juillet : le jour de notre indépendance |
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Le Conseil de la nation a organisé, ce jeudi, une table ronde autour de la symbolique de la journée du 5 Juillet. Elle a réuni à la tribune huit sénateurs qui ont eu un parcours révolutionnaire. Ils présentèrent à la nouvelle génération des témoignages directs et sans fioritures. Au moment de leur engagement, ils avaient aussi l’âge de ces mêmes jeunes. Ils se sont sacrifiés pour permettre, pour reprendre les mots de Yacef Saadi, aux "jeunes de vivre dans la liberté, de ne pas baisser la tête et de faire des études qui étaient un rêve inaccessible pour la plupart des Algériens sous le règne colonial". A un titre ou un autre, ils se sont retrouvés mêlés ou furent les organisateurs de faits qui ont déterminé l’évolution du pays.
Mustapha Boudina qui fut condamné à mort tint l'assistance en haleine. Il assista à 19 exécutions capitales. Il rappellera que 199 Algériens furent exécutés par les tribunaux militaires coloniaux. Ahmed Zabana fut le premier moudjahid à passer sous le couperet. «Nous, les rescapés de la guillotine, sommes les porteurs de la mémoire de ceux qui ont dignement et courageusement affronté la mort. Nous nous ferons un devoir de transmettre le message aux générations présentes et futures», souligne le président de l’Association nationale des condamnés à mort.
«Nous allons envoyer un message de témoignages dans lequel nous dénonçons les exactions, les atrocités, les crimes et l’assassinat de dizaines de milliers de civils commis par l’armée française durant sa présence en Algérie», dira Mustapha Boudina. «Nous voulons à travers ce message dire que l’amitié entre la France et l’Algérie se fera grâce au sang des Algériens versés durant les deux guerres mondiales pour la libération de la France et celui des Français qui ont soutenu la guerre de Libération», poursuit-il. «Mais cela ne nous empêchera pas d’exiger que les bourreaux français soient mis devant la réalité de leurs crimes», a encore ajouté le conférencier. Comme tous les intervenants, il stigmatisera la loi du 23 février 2005 glorifiant les bienfaits de la colonisation.
Tahar Zbiri témoignera de sa fuite en compagnie de quatre autres militants en novembre 1955 de la prison du Coudiat de Constantine où il était emprisonné avec le chef des Aurès. Benboulaid s’était rendu en Libye pour approvisionner la Révolution en armes mais fut arrêté le 11 février 1955. Jugé par le tribunal militaire de Constantine en juin 1955, il fut condamné à mort. Zbiri rappellera son patriotisme, son courage, ses capacités d’organisateur et son rôle dans l’établissement des relations avec les militants aux quatre coins du pays. Il sera parmi les 22 pour préparer le déclenchement de la Révolution.
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