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5 Juillet : le jour de notre indépendance Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le Conseil de la nation a organisé, ce jeudi, une table ronde autour de la symbolique de la journée du 5 Juillet. Elle a réuni à la tribune huit sénateurs qui ont eu un parcours révolutionnaire. Ils présentèrent à la nouvelle génération des témoignages directs et sans fioritures. Au moment de leur engagement, ils avaient aussi l’âge de ces mêmes jeunes.

Ils se sont sacrifiés pour permettre, pour reprendre les mots de Yacef Saadi, aux "jeunes de vivre dans la liberté, de ne pas baisser la tête et de faire des études qui étaient un rêve inaccessible pour la plupart des Algériens sous le règne colonial". A un titre ou un autre, ils se sont retrouvés mêlés ou furent les organisateurs de faits qui ont déterminé l’évolution du pays.


M. Abdelkader Bensalah avait mis l'accent à l'ouverture des travaux en présence du ministre des Moudjahidine sur l'intérêt qu'il y avait pour les lycéens invités pour la circonstance d'écouter les témoignages d'hommes qui sont venus "pas en tant que profs ou académiciens mais comme des hommes avides de transmettre leurs expériences directes, de rappeler le prix de la liberté et de la dignité".


Certains d'entre eux ont déjà rédigé et publié des livres à l'instar de Yacef Saadi qui a évoqué quelques épisodes de la Bataille d'Alger, le rôle des femmes et la solidarité du peuple. Abderazak Bouhara a expliqué les conditions sociales et politiques qui ont poussé les Algériens dépossédés de tous de leurs droits à prendre les armes. Il parlera aussi des nombreuses révoltes et de la répression des Français qui a atteint son point culminant en mai 1945. Les jeunes étaient toute-ouïe et semblaient passionnés par le récit émouvant de Zohra Drif qui, à l'âge de 19 ans, s'engagea pour la liberté.

Mustapha Boudina qui fut condamné à mort tint l'assistance en haleine. Il assista à 19 exécutions capitales. Il rappellera que 199 Algériens furent exécutés par les tribunaux militaires coloniaux.
Les couloirs de la mort des prisons françaises comptaient, au 5 juillet 1962, 1 800 condamnés à la peine capitale dont un millier est encore en vie (800 sont décédés après l’indépendance) dira-t-il.

Ahmed Zabana fut le premier moudjahid à passer sous le couperet. «Nous, les rescapés de la guillotine, sommes les porteurs de la mémoire de ceux qui ont dignement et courageusement affronté la mort. Nous nous ferons un devoir de transmettre le message aux générations présentes et futures», souligne le président de l’Association nationale des condamnés à mort.


Un devoir de mémoire que l’ANCM compte honorer lors du colloque sur l’histoire de la colonisation prévu à Lyon, le 9 juillet prochain, devant regrouper des historiens d’Europe et d’Afrique du Nord.

 «Nous allons envoyer un message de témoignages dans lequel nous dénonçons les exactions, les atrocités, les crimes et l’assassinat de dizaines de milliers de civils commis par l’armée française durant sa présence en Algérie», dira Mustapha Boudina.

 «Nous voulons à travers ce message dire que l’amitié entre la France et l’Algérie se fera grâce au sang des Algériens versés durant les deux guerres mondiales pour la libération de la France et celui des Français qui ont soutenu la guerre de Libération», poursuit-il. «Mais cela ne nous empêchera pas d’exiger que les bourreaux français soient mis devant la réalité de leurs crimes», a encore ajouté le conférencier. Comme tous les intervenants, il stigmatisera la loi du 23 février 2005 glorifiant les bienfaits de la colonisation.


LA LETTRE DE ZABANA


Les élèves ont reçu la lettre adressée par le chahid Zabana à ses parents. L’initiative de la Chambre haute du Parlement est destinée à faire connaître davantage l’Histoire «souvent réduite à des dates» pour reprendre le mot de Zineb. Deux grandes figures de la révolution en l’occurrence, Larbi Ben Mhidi et Mustapha Ben Boulaid ont été largement évoquées.

Tahar Zbiri témoignera de sa fuite en compagnie de quatre autres militants en novembre 1955 de la prison du Coudiat de Constantine où il était emprisonné avec le chef des Aurès. Benboulaid s’était rendu en Libye pour approvisionner la Révolution en armes mais fut arrêté le 11 février 1955. Jugé par le tribunal militaire de Constantine en juin 1955, il fut condamné à mort. Zbiri rappellera son patriotisme, son courage, ses capacités d’organisateur et son rôle dans l’établissement des relations avec les militants aux quatre coins du pays. Il sera parmi les 22 pour préparer le déclenchement de la Révolution.


Il avait aussi contribué à doter d’armes les premiers maquis. Il supervisa personnellement la distribution de celles-ci. Ferhat Tayeb, moudjahid dans les Aurès, a relaté la mort le 22 mars 1955 de Ben Boulaid victime d'une machination de services français qui avaient largué un poste radio piégé sur un village situé au cœur de l’Aurès. "J'étais dans une autre pièce quand l'explosion s'est produite alors qu'il faisait très noir et pleuvait.


C’était une catastrophe et nous eûmes à dégager les corps de Ben Boulaid et de quatre autres chouhadas des décombres. Il y a eu aussi des blessés". Abdelghani Okbi, ancien ministre du Tourisme et officier de l’ALN, a enfin livré ses souvenirs sur la lutte qui avait touché le sud du pays. Des expériences chimiques et biologiques ont été menées dès 1935 dans la région de Oued Namous (Béchar) par la France qui a toujours voulu accaparer cette région aux richesses fabuleuses.

 
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