| Bouteflika questionne au gouvernement les dépenses et les budgets |
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Les dépenses publiques, en particulier les investissements au titre du plan de relance, sont en train d’augmenter rapidement au point d’exercer de fortes pressions sur les équilibres budgétaires.
Le déficit, prévu par la loi de finances complémentaire 2008, adoptée en Conseil des ministres mercredi dernier, établi sur la base d’un prix du baril de 37 dollars, est de 2 119 milliards de dinars, soit environ 30 milliards de dollars.
À ce sujet, le président de la République vient de tirer la sonnette d’alarme. Intervenant lors du débat en Conseil des ministres, il a souligné qu’“outre les recettes de la fiscalité ordinaire, la dépense publique représente désormais l’équivalent des recettes de la fiscalité pétrolière à 65 dollars. Le gouvernement doit expliquer cela d’une manière simplifiée aux citoyens qui ne doivent pas oublier que l’Algérie n’a pas d’aisance financière véritable, car ses recettes dépendent des seuls hydrocarbures qui sont condamnées à l’épuisement à terme. Les transferts sociaux de l’État au profit de la population atteignent à présent près de 1 000 milliards de dinars (près de 15 milliards de dollars), dont près de 200 milliards de dinars pour le soutien des prix des céréales et du lait. Le budget de fonctionnement représente près de 200% de la fiscalité ordinaire du pays (ressources fiscales hors hydrocarbures). Il est appelé à augmenter encore avec la dotation en personnels et crédits des nouvelles infrastructures que nous réalisons chaque année dans différents secteurs tels que l’éducation, l’enseignement supérieur ou la santé publique”.
Sans des cours du brut au-dessus des 60 dollars, elle ne pourra poursuivre son programme de modernisation des infrastructures et d’amélioration des conditions de vie de la population, faire face à la croissance de la masse salariale des fonctionnaires (enseignants, médecins, agents paramédicaux, agents de sécurité, douaniers, personnels des impôts et de différentes autres administrations). Le coût de ce programme s’élève à présent à l’équivalent de 200 milliards de dollars, a ajouté le chef de l’État. Le premier magistrat du pays veut fouetter les esprits anesthésiés par la rente pétrolière. Il rappelle que les richesses pétrolières sont éphémères, épuisables. Près de 40 milliards de dollars d’importations en 2008 ! En résumé, en cas de retournement du marché pétrolier, de baisse des prix du pétrole, l’Algérie vivra une crise aiguë. Elle ne pourra faire face à de telles dépenses et continuer sa politique de subventions des prix du lait, des céréales. Le lait, la semoule, la farine seraient alors plus chers. Tel est le message du président de la République.
D’aucuns prédisent même un prix du baril à 200 dollars l’an prochain. Ensuite, les grandes compagnies pétrolières tablent sur un prix du baril entre 80 et 100 dollars, seuil à partir duquel leurs investissements orientés de plus en plus vers la production à partir de gisements marginaux, de l’offshore profond, de pétrole lourd ou de champs difficiles deviendraient rentables.
Elles pourraient passer de 125 milliards de dollars à 200 milliards de dollars dans moins de deux ans. Le message du président de la République porte plutôt sur le long terme. Quel sera l’avenir de nos enfants, les réserves de pétrole risquant de s’épuiser dans vingt ans, trente ans ? Le bons sens indique que cet avenir se prépare dès maintenant. Il s’agit de sortir de cette dépendance de l’économie à l’égard des cours du brut, en favorisant progressivement l’émergence d’une économie de substitution aux hydrocarbures incluant la renaissance de l’industrie, le développement de l’agriculture, du tourisme et du secteur des services. Aujourd’hui, les exportations hors hydrocarbures représentent environ 2% des exportations globales. Elles ne couvrent même pas 20% de la facture alimentaire. Elles assurent seulement environ 3% à 4% des importations de biens et services pouvant atteindre près de 40 milliards de dollars en 2008 ! |
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