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L’Allemagne, 3e puissance économique mondiale et 1re en Europe, ne compte pas rester en marge du plus grand pays du Maghreb qui a un «très grand potentiel économique» et un rôle «clé » dans le continent africain et en Méditerranée
«J’ai tout à fait senti dans les premières discussions avec le président de la République, avec le Premier ministre que les relations pourraient être plus dynamiques. Il y a une vieille tradition de coopération économique, non seulement avec l’ancienne République fédérale mais aussi avec l’ex-RDA. Toutefois, cela s’est un peu endormi, et il y a aujourd’hui de nouvelles opportunités. Et j’ai l’impression que la porte nous est ouverte», déclare Angela Merkel à l’issue de sa visite d’Etat de deux jours à Alger à l’invitation du président de la République M. Abdelaziz Bouteflika. Berlin veut «réaliser des choses concrètes en Algérie qui souhaite développer de nouvelles technologies, diversifier ses exportations et renforcer un partenariat durable».
Pas seulement sur le gaz dont elle dépend principalement de Russie. L’Algérie qui fournit 20% de gaz importé par l’Europe, peut être un partenaire privilégié selon les Allemands qui proposent aux Algériens qui préparent l’après-pétrole, des centrales thermiques associant le gaz et l’énergie solaire. Un partenariat fiable que la quinzaine de chefs d'entreprises qui a accompagné la chancelière pourrait illustrer, si besoin est.
Outre les 160 entreprises qui opèrent dans l'énergie, les infrastructures, la défense, la recherche médicale, les services, d’autres selon Angela Merkel «avec des idées concrètes» affichent «un intérêt spécifique» pour l’Algérie dont le marché est convoité par beaucoup de pays européens et asiatiques. Propos que confirme le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, qui aimerait que Sonatrach puisse «travailler librement sur le marché européen, que ce soit en Espagne, en Italie ou en Allemagne».
Selon ce dernier, les sociétés allemandes sont très présentes et dans tous les domaines en Algérie. Il cite pour exemple Siemens qui a réalisé la centrale électrique de 400 mégawatts à Berrouaghia (w. Médéa), les achats de produits allemands qui servent les industries des hydrocarbures ou bien l'électricité (pompes, tubes d'acier pour les pipes) et la coopération de Berlin dans la production de l'hélium, un gaz rare qui sert dans l'industrie spatiale et la production de la fibre optique.
Pour consolider la place de son pays sur le marché algérien, la chancelière qui estime que son séjour en Algérie a apporté «une pierre supplémentaire» à l'édifice des relations «amicales et excellentes» entre les deux pays et permis une «meilleure compréhension mutuelle», demande aux entreprises allemandes de «faire un effort à travers des offres intéressantes» pour «faire évoluer davantage les relations avec l'Algérie dans tous les domaines».
Dans cette perspective, les deux pays ont convenu d'installer une commission mixte à laquelle participeront des représentants du gouvernement et d'entreprises industrielles. «Cette décision politique se répercutera de façon positive sur l'évolution des relations économiques entre les deux pays», dit-elle. Autrement dit, la visite de la chancelière ne peut être mesurée à l’aune des deux accords de partenariat dans les domaines de l’industrie et de la formation signés ou de la confirmation du contrat d'études du projet de la Grande Mosquée d'Alger, confié au consortium allemand formé par KSP-Engel und Zimmermann, Krebs und Kiefer international et Krebs und Kiefer & Partners International. Le premier, une joint venture entre «Europoles Pfeider», leader mondial dans la production de mâts en béton pour le transport de l’énergie électrique, et le groupe privé «Cevital».
Dans un premier temps, il «amènera un transfert de savoir-faire et une création d’emplois en Algérie». Dans un second temps, il permettra à l’Algérie de «passer du statut d’importateur de mâts en béton à celui d’exportateur». Le second accord est une convention cadre relative à la formation entre «KNAUF international» et le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Elle prévoit de mettre en place un partenariat «actif» dans le but de promouvoir la formation et l’enseignement porteurs d’emploi et d’insertion des jeunes, d’accompagner l’effort de formation, de perfectionnement et de recyclage des personnels et de créer un espace d’échange durable.
Tout laisse croire que cette visite qui survient juste après le lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM), ne manquera pas de modifier sous peu le poids des actuels échanges (2,1 milliards d'euros).
Il suffit de suivre les discussions entre le groupe MAN et Cevital pour construire la première centrale thermique solaire du pays en 2009 et les entretiens avec les Algériens des membres de sa délégation. Notamment ceux du ministre adjoint fédéral de l'Economie Bernd Pfaffenbach avec Chakib Khelil et le ministre délégué à la Défense Abdelmalek Guenaïzia. |