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Les ministres des Affaires étrangères Arabes au chevet du Liban Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

La Ligue arabe semble prendre au très sésrieux l’ampleur de la crise libanaise. M. Amr Moussa, son secrétaire général, convoque pour aujourd’hui au Caire, suite à une demande de l'Egypte, de la Jordanie et de l'Arabie Saoudite, trois pays qui sont inquiets des possibles répercussions régionales d'un conflit entre un mouvement d'opposition chiite et un gouvernement sunnite, une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères.

Objectifs : appeler toutes les parties à «agir avec sagesse et à respecter les institutions» avant que le contrôle de la situation ne leur échappe. Selon Ahmed Benhali, le secrétaire général adjoint de la Ligue chargé des affaires politiques, cette réunion examinera différentes mesures à même de rétablir la stabilité au Liban et contribuer à mettre un terme à cette crise.


Une proposition yéménite : charger l'armée libanaise d'ouvrir un dialogue avec les parties libanaises pour faire cesser les affrontements. Les 22 ministres arabes, si la Syrie qui a fait état, selon l'émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa d’«hésitations» daigne envoyer le sien, - Bachar al-Assad considère la crise libanaise comme «une affaire intérieure» -, ne se retrouveront pas au Caire pour mesurer l'étendue des dégâts ou exprimer leur déplaisir.


Certains veulent poser l’influence de l’Iran. Pas seulement au Liban ou en Irak mais dans tout le monde arabe. Face au risque d’internationalisation de la crise brandie par Amr Moussa, Le Caire et Ryad auraient engagé des pourparlers avec Damas qui assure la présidence tournante de la Ligue pour la tenue d’un Sommet restreint avant la réunion entre George Bush et Siniora, prévue le 18 mai à Charm-el-Cheïkh, en Egypte.

Vers une remise du pouvoir à l’armée ?
Le Hezbollah, le seul mouvement à ne pas avoir désarmé après la guerre civile, a franchi selon la majorité au pouvoir, une ligne rouge.

 

Le mouvement chiite qui affiche les portraits de dirigeants iraniens et syriens là où ses miliciens passent, a ouvert mercredi la chasse aux partisans de la formation sunnite de Saad Hariri, le principal soutien du gouvernement de Fouad Siniora dans des quartiers entiers de Beyrouth. Selon un bilan des services de sécurité, au moins 29 personnes, dont 11 à Beyrouth, ont été tuées en quatre jours d'affrontements, les pires depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).


Cette décision suivie de la fermeture par la force des médias de la majorité a provoqué une onde de choc dans tout le pays du Cèdre. Elle pourrait mener, selon certains analystes, à une escalade aux conséquences politiques énormes, pas seulement au Liban où l’armée peut voir son unité voler en éclats après ce changement de rapport de forces sur le terrain, mais aussi dans toute la région.
Paradoxalement, elle pourrait aider, lors de sa prochaine médiation, Amr Moussa, à mettre fin à l'impasse qui dure depuis 18 mois entre l'opposition et la majorité et qui empêche surtout l'élection d'un président de la République en proposant des formules susceptibles de sauver la face de chaque partie. Le Hezbollah qui ne cherche pas, selon les propos de son leader Nasrallah, à prendre le pouvoir par la force, sait qu’il est dans le collimateur d'Israël, des Etats-Unis et du Conseil de sécurité.


La majorité et le gouvernement n’ont pas l’intention de transformer le Liban en champ de bataille de conflits régionaux. «Nous n'avons pas déclaré la guerre au Hezbollah et n'allons pas la déclarer», affirme M. Siniora. Dans un discours qu’il a prononcé hier, il a demandé à l’opposition, si elle veut une solution, de retirer ses hommes armés de la rue «immédiatement» et de dialoguer ensuite. Selon le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, un proche du chef de la majorité parlementaire Saâd Hariri, un possible départ du gouvernement est envisagé si l’opposition refuse le dialogue.


Dans ce cas, Siniora remettrait le pouvoir à l’armée libanaise. Cette dernière, qui a révoqué hier les décisions du gouvernement à l'encontre du Hezbollah, restera-t-elle longtemps neutre si les deux parties campent sur leurs positions ou ira-t-elle jusqu’à prendre le pouvoir ?


Demain, le groupe informel des «Amis du Liban» (une quinzaine de pays et organisations internationales) tiendra une conférence téléphonique pour faire le point.


Des consultations au Conseil de sécurité pourraient suivre cette conférence. Selon le Washington Post, les Etats-Unis qui sont prêts à apporter à Fouad Siniora «tout le soutien, politique et diplomatique, dont il a besoin», veulent tenir la Syrie et l’Iran pour responsables des actes du Hezbollah.

 
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