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	<title>Webalgerie &#187; Histoire</title>
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	<description>Les news Algérienne</description>
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		<title>Revisitons l&#8217;histoire que suggère Sarkozy</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Dec 2011 18:08:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Les bagnards algériens de Guyane : à la recherche d’une mémoire &#8230; « Pour parler du bagne, il ne suffit pas d’être passé devant, il faut être allé dedans », disait un bagnard anonyme de Guyane. De passage en Guyane, je fus naturellement curieux d’aller visiter les vestiges encore présents d’une colonie pénitentiaire créée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.webalgerie.com/wp-content/uploads/2011/12/bagne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1310" title="bagne" src="http://www.webalgerie.com/wp-content/uploads/2011/12/bagne-300x212.jpg" alt="" width="300" height="212" /></a>Les bagnards algériens de Guyane : à la recherche d’une mémoire &#8230;</p>
<p>« Pour parler du bagne, il ne suffit pas d’être passé devant, il faut être allé dedans », disait un bagnard anonyme de Guyane. De passage en Guyane, je fus naturellement curieux d’aller visiter les vestiges encore présents d’une colonie pénitentiaire créée par la France au milieu du XVIIe siècle.</p>
<p>L’histoire de la Guyane semble être indissociable de celle des origines du bagne que l’on a créé dans cette contrée pour punir, exploiter et s’approprier une terre qui doit à la France autant de civilisation que celle apportée à ses autres colonies. Le passé du bagne en Guyane est certes révolu, les passions se sont depuis adoucies et les historiens ont pu révéler ce qui fut une tragédie (une de plus) du colonialisme. Mais que sait-on des Algériens qui ont été déportés au bagne de Guyane.</p>
<p>En parcourant les documents qui me permirent d’en savoir plus sur l’histoire du bagne, j’appris que les bagnes coloniaux français étaient en fait, dans la forme, inspirés de l’expérience anglaise en Australie.</p>
<blockquote><p><em>Entre 1 852 à 1 953 furent envoyés en Guyane, 57 000 «transportés» condamnés aux travaux forcés, 15 600 «relégués » et 329 officiellement «déportés politiques»(1) ou «prisonniers militaires» provenant des colonies, on estime que le quart d’entre eux était arabe, soit un total de 67 929 prisonniers dont la plupart moururent en cours de détention.</em></p></blockquote>
<p>En effet, dès 1788, les établissements de Botany Bay et de Sydney Cove furent ouverts pour accueillir ceux qui, par la suite, allaient être les pionniers de la construction d’un pays riche, prospère et libre. De la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe, la Guyane allait être transformée en terre maudite accueillant bras ouverts puis refermés à jamais, des milliers de détenus condamnés pour la plupart à purger des peines de travaux forcés à perpétuité.</p>
<p>Le bagne va commencer aux îles du Salut le 10 mai 1852 après que le décret du 27 mars 1852 décida de la fermeture des bagnes portuaires français de Toulon, Brest et Rouen. L’arsenal juridique du bagne fut complété par la loi du 30 mai 1854 qui sera responsable alors de la déportation de 100 000 hommes durant un siècle dans les bagnes de la mort de la France coloniale. Cette loi créa ce qui sera dénommé : la transportation, ce qui veut dire la condamnation aux travaux forcés de détenus de «droit commun » qui auront à subir la peine «à l’avenir dans des établissements créés par décret de l’empereur sur le territoire d’une ou plusieurs possessions françaises autres que l’Algérie». L’article 2 de ladite loi précise que «les condamnés seront employés aux travaux les plus pénibles de la colonisation et à tous autres travaux d’utilité publique». Il est aussi instauré le «doublage» c&#8217;est-à-dire l’obligation pour le condamné à moins de 8 ans de travaux forcés de rester en Guyane après sa libération une durée égale à sa condamnation.</p>
<p>Les condamnés à 8 ans ou plus, eux sont assignés à vie en résidence en Guyane après la fin de leur peine. Cette juridiction sera elle-même complétée par une nouvelle loi sous la IIème République le 27 mai 1885 qui instaure la «relégation» au sujet de la petite délinquance récidiviste (deux petites condamnations suffisent à exiler le détenu en Guyane). <strong>Entre 1 852 à 1 953 furent envoyés en Guyane, 57 000 «transportés» condamnés aux travaux forcés, 15 600 «relégués » et 329 officiellement «déportés politiques»(1) ou «prisonniers militaires» provenant des colonies, on estime que le quart d’entre eux était arabe, soit un total de 67 929 prisonniers dont la plupart moururent en cours de détention.</strong> Le premier convoi quitte le port de Brest et appareille pour les îles du Salut le 31 mars 1852 301 bagnards coloniaux, politiques et droit commun embarquèrent sur la frégate Allier, le nombre de détenus provenant de l’Algérie n’est pas connu.</p>
<p>En dix ans, de 1852 à 1862, 12 750 forçats transitent par les îles, d’autres métastases du bagne vont alors au fur et à mesure être créées le long de la côte guyanaise. Les bagnards sont répertoriés sur tout le littoral de la Guyane, on les retrouve dans la rade de Cayenne, à Saint-George l’Oyapoc au sud de la Guyane, Saint-Jean du Maroni au nord réservé aux relégués, à Kourou qui comprenait fermes pénitentiaires. En 1858, fut fondée la commune pénitentiaire de Saint-Laurent du Maroni, qui deviendra par la suite la capitale du bagne de Guyane. La mortalité dans tous ces camps était effroyable et variait entre 21 et 62 % par an. En 1942, on a enregistré 48 % de décès du fait de la faim, maladie et manque de soins. A Saint- George d’Oyapoc entre autres on aurait relevé 90 décès sur un effectif de 180 à la fin du XIXe siècle. C’est alors qu’en 1869 fut décidé de n’envoyer en Guyane que les condamnés aux travaux forcés d’origine coloniale, les Européens étaient, eux, dirigés vers la Nouvelle Calédonie réputée pour un climat moins hostile.</p>
<p>Les îles du Salut(2) sont un des éléments du grand dessein de colonie pénitentiaire élaboré pour la Guyane. On y envoie ceux qui sont réputés être «les plus mutins passer quelque temps, ce qui joint à son singulier nom, peut faire supposer que ce n’est pas un paradis terrestre» (lettre d’un aumônier jésuite). L’île royale abrite ceux qui sont réputés être les plus «dangereux». Boulali Belkacem y séjourna, arrivé en 1935. A la fin du XIXe siècle, les trois îles du Salut sont devenues la prison la plus dure de Guyane. Papillon(3) alias Henri Charrière séjourna et connut le succès après avoir publié son témoignage. L’isolement insulaire explique le choix de ces lieux pour incarcérer les détenus que l’on voulait isoler du monde extérieur, tels les militants anticolonialistes et les déportés politiques dont le plus célèbre fut Dreyfus(4). Prisonnier hors norme, innocent envoyé au bagne et incarcéré sur l’île du Diable, Dreyfus va subir sa peine de «déportation en enceinte fortifiée» de 1895 1899. Par la suite, seront enfermés dans le même sillage les condamnés coupables «d’intelligence avec l’ennemi» ou «d’excitation à la guerre civile». Ce fut le cas de Soufi Abdelkader, condamné en 1916 à Oran pour excitation à la guerre civile, et le nommé Berredjem Lakhdar Bentahar qui est révélé dans la correspondance qu’adresse Soufi Abdelkader au directeur de prison sollicitant un simple entretien avec l’interprète des déportés en vue de rédiger des lettres à sa famille (voir illustrations 1- et réponse du directeur 3).</p>
<p>Au début du XXe siècle avec la création sur l’île Saint-Joseph du quartier de la réclusion cellulaire, Saint-Joseph va contenir 120 cachots que les bagnards appelaient «l’antichambre de la mort». Le camp de la réclusion de l’île Saint-Joseph devint le lieu d’enfermement le plus redouté des bagnes de Guyane. Le régime de la réclusion cellulaire fut appliqué avec une très grande sévérité jusqu’en 1925. Les détenus étaient enfermés jour et nuit, totalement isolés dans des cachots sans plafond, sans abri.</p>
<p>Seule une grille les délimitait, permettant ainsi à un gardien sur une passerelle surélevée de les surveiller. 50 à 70 gardiens majoritairement corses appartenant au corps spécial de surveillant militaire colonial étaient affectés aux îles à la surveillance des prisonniers. Le condamné à Saint-Joseph était attaché aux pieds la nuit dans sa cellule par la «boucle(5)» double, quelquefois, le jour en cas de punition. Les portes des cellules étaient dotées d’un guichet pouvant laisser passer la tète du prisonnier, afin qu’il soit rasé et reçoive sa pitance (illustration 4). Le régime alimentaire des bagnards des îles du Salut était à base de pain sec et eau. Beaucoup succombaient de faim, de maladie ou de fièvre tropicale( 6). Leurs corps étaient systématiquement jetés aux requins. Les requins étaient conditionnés et répondaient au son d’une cloche qui annonçait qu’un corps allait être jeté à la mer. Quant à ceux qui mouraient dans les prisons du littoral, ils étaient enterrés dans des fosses communes. Ces conditions de détention ont poussé les déportés de l’île Saint-Joseph à déclencher une mutinerie le 21 octobre 1894 qui sera réprimée dans le sang. Des dizaines de bagnards ont été tués figure parmi eux Salah Ben Ahmed Ben Embarek qui portait le matricule 19851. Un autre bagnard dont le nom est de consonance algérienne est blessé : Ahmed Ben Abdelkader qui portait le matricule 23 582.</p>
<blockquote><p> Les conditions d’incarcération sur les trois îlots étaient abominables</p></blockquote>
<p>Un journaliste parisien Albert Londres (1884-1932) se rendit en Guyane en 1923 et visita le bagne des îles du Salut, de Cayenne et de Saint-Laurent-du-Maroni. Décrivant les horreurs de ce qu&#8217;il voit, son reportage suscita de vives réactions dans l&#8217;opinion mais aussi au sein des autorités. «Il faut dire que nous nous trompons en France. Quand quelqu&#8217;un – de notre connaissance parfois – est envoyé aux travaux forcés, on dit : il va à Cayenne. Le bagne n&#8217;est plus à Cayenne, mais à Saint-Laurent du- Maroni d&#8217;abord et aux îles du Salut ensuite. Je demande, en passant, que l&#8217;on débaptise ces îles. Ce n&#8217;est pas le salut, là-bas, mais le châtiment. La loi nous permet de couper la tête des assassins, non de nous la payer. Cayenne est bien cependant la capitale du bagne. (&#8230;) Enfin, me voici au camp ; là, c&#8217;est le bagne. Le bagne n&#8217;est pas une machine à châtiment bien définie, réglée, invariable. C&#8217;est une usine à malheur qui travaille sans plan ni matrice. On y chercherait vainement le gabarit qui sert à façonner le forçat. Elle les broie, c&#8217;est tout, et les morceaux vont où ils peuvent.» ( Au bagne (1923)). Et le récit se poursuit : «On me conduisit dans les locaux. D&#8217;abord, je fis un pas en arrière. C&#8217;est la nouveauté du fait qui me suffoquait. Je n&#8217;avais encore jamais vu d&#8217;hommes en cage par cinquantaine. [...] Ils se préparaient pour leur nuit. Cela grouillait dans le local. De cinq heures du soir à cinq heures du matin, ils sont libres – dans leur cage.»</p>
<p>L’idée de la fermeture du bagne commence alors à germer. Cependant, il a fallu attendre 1938 pour qu’un décret-loi abolisse la pratique de la transportation en France. Néanmoins, la même année, un navire prison : la Matinière, transporta 57 condamnés algériens en Guyane. Albert Camus, alors journaliste à Alger Républicain avait écrit : «Je ne suis pas très fier d’être là… il ne s’agit pas ici de pitié mais de tout autre chose. Il n’y a pas de spectacle plus abject que de voir des hommes ramenés au-dessous de la condition de l’homme.» Il était sûrement encore loin d’imaginer le vécu et le sort qui attendaient ces détenus algériens.</p>
<p>Au bagne, ils étaient appelés les «chaouch» en référence aux troupes coloniales. «Un forçat ça ne vaut pas cher mais ces gars là (entendu par cela les Arabes qui désignaient les Algériens) valent encore moins…»(7) Ce n’est qu’en 1946 que la fermeture du bagne fut officiellement prononcée.</p>
<p>Celui des îles du Salut va fermer en 1947 et l’administration pénitentiaire quittera l’ile royale en 1948. Les îles du Salut seront alors complètement abandonnées et pillées. Le Centre national d’études spatiales en devient propriétaire, après s’être installé à Kourou en remplacement du site de Hammaguir algérien.</p>
<p>Un grand travail d’historien est nécessaire afin de retrouver la mémoire de ces milliers d’Algériens qui ont été déportés pour différentes raisons en Guyane, loin de leur pays et de leur famille. L’histoire fera alors avouer au bagne le nombre de ces déportés algériens, s’ils ont survécu et combien d’eux sont retournés en Algérie(8).</p>
<p>De mon côté, de mes liminaires recherches, je n’ai retrouvé aucun indice me permettant d’en savoir plus sur les détenus algériens des îles du Salut. Je ne sais pas ce qui est advenu d’Abdelkader ni de Belgacem. Peut-être qu’ils ont succombé à la dureté des conditions carcérales et qui sait si leurs corps n’ont pas été jetés aux requins ? Peut-on espérer qu’ils aient survécu au bagne et qu’ils se soient par la suite installés en Guyane ? Ont-ils alors une sépulture quelque part en Guyane ? Pourra-t-on trouver un lien, un lieu ou des personnes qui témoigneront de leur exil ? Je n’ai malheureusement aucune réponse à toutes ces questions. Je sais uniquement qu’ils n’ont jamais revu leur patrie, qu’ils ont rêvé de liberté mais n’ont pas vu leur pays devenir libre, ni comment par la suite il a perdu sa voie.</p>
<p>Tout ce que je sais, c’est qu’à chaque fois que je revois leurs photos et particulièrement celle d’Abdelkader, et sans savoir me l’expliquer, une grande frayeur m’envahit, celle de mourir sans revoir l’Algérie. Être condamné comme les bagnards algériens de Guyane à ne choisir ni sa vie ni sa mort. Nous, nous avons encore le choix et la chance de revoir ce paradis, cette Algérie que nous n’avons su ni aimer, ni bâtir, ni protéger. On ne sait certes jamais où on va mourir, ni quand cela nous arrivera, mais on peut savoir et décider : pourquoi, pour quelle cause, pour quel engagement. Les bagnards algériens savaient pourquoi ils luttaient, alors que nous ne savons même pas s’il faut lutter justement et comment le faire. C’est là le véritable désespoir que nous vivons : celui de renoncer à nos rêves, celui de renoncer à nos vies, celui de renoncer à notre pays.</p>
<p>N. B.</p>
<p>1- L’administration coloniale, refusant tout droit politique aux indigènes des colonies, faisait une confusion entre les déportés politiques des colonies et les condamnés de droit commun. Il suffisait qu’un déporté politique sorte un fusil pour le condamner à des peines de travaux forcés, c&#8217;est-à-dire de droit commun.</p>
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<p>2- Les îles du Salut sont constituées de trois îlots : l’île Royale la plus grande dont la superficie est de 28 hectares, île à l’est : Saint-Joseph qui fait 20 hectares et l’île du nord : île du Diable 14 hectares. La superficie totale est de 62 hectares. Les îles du Salut portaient autrefois le nom anglais de « Devils Islands ». Les Britanniques furent les premiers navigateurs à avoir cartographié ces îles. On les nomme aussi îles du Triangle en raison de leurs dispositions selon les Amérindiens. Ces îles sont visibles du continent et sont situées à environ 8 miles de la ville de Kourou. Elles prirent le nom d’îles du Salut après que les colons décimés par les fièvres tropicales décidèrent de s’y réfugier pour se protéger des piqures de moustiques.</p>
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<p>3- Henri Charrière, plus connu sous le nom de Papillon, est ce qu’il y a de plus malfrat et criminel au bagne. Il n’était pas apprécié des autres bagnards. Cet Ardéchois d’origine a reçu une bonne éducation, ses deux parents étaient instituteurs. Il décide d’arrêter ses études et s’engage dans la marine où il est vite réformé. Henri Charrière va évoluer dans le milieu de la pègre parisienne. Il devient proxénète à Paris. Probablement pour une femme, il tue un autre proxénète en 1930 qui s’appelle Roland Legrand. En 1931, la cour d’assises de Paris le condamne à une peine de travaux forcés à perpétuité pour meurtre, il niera ce crime. Il arrive en 1931 en Guyane et s’évade en 1944 de Cayenne et non des îles du Salut comme il l’écrit dans son livre. Il va gagner la Guyane britannique et rejoindra le Venezuela où il fera de très bonnes affaires et connaîtra la célébrité grâce à son ouvrage éponyme dans lequel il s’attribue nombre d’aventures et hauts faits accomplis par autrui.</p>
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<p>4- Dreyfus, accusé sans aucune preuve, en 1894 d’avoir transmis à l’ambassade d’Allemagne des documents militaires est condamné pour espionnage à une peine d’enfermement à vie. L’affaire prit une autre dimension avec la publication de l’article d&#8217;Émile Zola «J’accuse» qui partagea la France en deux sur fond d’antisémitisme. Le procès sera rejugé en 1899 et maintiendra la culpabilité de Dreyfus. Néanmoins, il sera gracié par le président de la République, réhabilité définitivement en 1906 et réintégré dans l’armée. Il fut rétabli seulement au grade de commandant alors que s’il avait poursuivi sa carrière, il aurait dû prétendre au grade de lieutenant-colonel ou colonel, ce qui le décida alors à quitter l’armée.</p>
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<p>5- Anneaux métalliques fixes doubles qui immobilisaient les pieds des détenus, les obligeant à ne se mettre qu’en position assise ou couchée.</p>
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<p>6- Les fièvres tropicales ont décimé les populations d’origine étrangère déportées et surveillants réunis. Le vaccin contre la fièvre jaune n’a été mis en service qu’en 1926 et le bagne a été créé en 1852.</p>
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<p>7- Le grand livre du Bagne, chapitre : la société du bagne page 173 Eric Fougère Edition Orphie.</p>
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<p>8- M. Amar Belkhodja (chercheur en histoire) dans son ouvrage Pages de novembre édition (ANEP 1997) relate l&#8217;histoire du regretté Serada Morsli arrêté en 1930 par les colons français et exilé au bagne de Cayenne. «Nous autres Algériens faisions carême pendant le mois de Ramadan et enterrions nos morts dans nos propres cimetières », avait-il révélé. «Sa libération de Cayenne coïncide avec le déclenchement de la guerre de Libération nationale. Après son retour, il est arrêté en 1957 par l&#8217;armée française, il parvint à s&#8217;évader au cours de son transfert …</p>
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<p>Eu égard à son âge et sa blessure, il est procédé à son transfert vers le Maroc grâce au concours des services de l&#8217;ALN. En 1962, il retourne une deuxième fois chez lui.» Il décéda en janvier 1989 dans l&#8217;anonymat.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Barberousse revisité par le Dr Abdallah</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 07:34:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Une biographie documentée sur Kheireddine Barberousse vient de paraître aux éditions &#171;&#160;Dar El Kasbah&#160;&#187; (Alger) sous la plume du Dr Abdallah Hamadi, directeur du laboratoire de traduction en littérature et linguistique (TRALL) de l&#8217;université Mentouri de Constantine. Cet ouvrage de 245 pages qui est, selon son auteur, le &#171;&#160;premier livre biographique de Kheireddine Barberousse&#160;&#187; est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.webalgerie.com/wp-content/uploads/2009/10/barberousse.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1067" title="barberousse" src="http://www.webalgerie.com/wp-content/uploads/2009/10/barberousse.jpg" alt="" width="160" height="186" /></a>Une biographie documentée sur Kheireddine Barberousse vient de paraître aux éditions &laquo;&nbsp;Dar El Kasbah&nbsp;&raquo; (Alger) sous la plume du Dr Abdallah Hamadi, directeur du laboratoire de traduction en littérature et linguistique (TRALL) de l&#8217;université Mentouri de Constantine.</p>
<p>Cet ouvrage de 245 pages qui est, selon son auteur, le &laquo;&nbsp;premier livre biographique de Kheireddine Barberousse&nbsp;&raquo; est aussi une &laquo;&nbsp;contribution critique&nbsp;&raquo; qui offre aux chercheurs, aux étudiants et aux hommes de culture intéressés par l&#8217;histoire de l&#8217;Algérie &laquo;&nbsp;une vue d&#8217;ensemble sur la vie et l&#8217;œuvre du fondateur de la Régence d&#8217;Alger, promu plus tard amiral suprême de la marine ottomane par le Khalifa de l&#8217;époque, le sultan Soleiman&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Une manifestation pour exiger de la France la reconnaissance de ses crimes en Algérie</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 10:38:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Environ mille personnes ont manifesté à dans la capitale française pour exiger du président Nicols Sarkozy la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 dans bon nombre de villes algériennes dont Sétif Guelma et Kherata.Les manifestants qui ont répondu à l&#8217;appel du mouvement des républicains, une association comportant des français activants contre le racisme et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Environ mille personnes ont manifesté à dans la capitale française pour exiger du président Nicols Sarkozy la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 dans bon nombre de villes algériennes dont Sétif Guelma et Kherata.Les manifestants qui ont répondu à l&#8217;appel du mouvement des républicains, une association comportant des français activants contre le racisme et l&#8217;esclavage. Ils ont sillonné les routes de paris portant une plaque portant : si nous sommes là, parce que vous étiez là bas.</p>
<p>En signe à la responsabilité de l&#8217;état français de l&#8217;existence des ressortissants des pays que la France a investi sur les terres françaises.</p>
<p>Parmi les manifestants figuraient des politiciens dont des membres du conseil français de sages dont Halima Boumediene qui a appelé paris à reconnaître les tueries collectives qu&#8217;elle a commis en algérie.<br />
Pour sa part, le président français Nicols Sarkozy a présenté ses salutations aux anciennes forces françaises dans lesquelles figurent des dizaines de milliers d&#8217;algériens recrutés de force et qui ont lutté contre les nazis. Le président profitera de la commémoration du 64 ème anniversaire de victoire en Europe pour citer ceux que l&#8217;histoire n&#8217;a pas reconnu. Il citera les guerriers algériens et tunisiens dont le nombre s&#8217;élève à 55 mille recrues en plus des africains qui ont lutté pour la France.</p>
<p> </p>
<p><strong>Le debat est ouvert sur le Forum </strong><a href="http://forum.webalgerie.com/showthread.php?t=15" target="_blank"><strong>cliquez ici</strong> </a></p>
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		<title>Essais nucléaires français en Algérie.</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 11:56:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[La souffrance des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien, leurs désarrois et revendications sont les principaux points évoqués dans le film-documentaire &#171;&#160;Gerboise bleue, l&#8217;éclair de la honte&#160;&#187;, projeté mardi soir à la salle Ibn-Zeydoun à Alger. Réalisé en 2008 par le jeune Djamel Ouahab, ce film-documentaire de 90 minutes, raconte l&#8217;histoire des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La souffrance des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien, leurs désarrois et revendications sont les principaux points évoqués dans le film-documentaire &laquo;&nbsp;Gerboise bleue, l&#8217;éclair de la honte&nbsp;&raquo;, projeté mardi soir à la salle Ibn-Zeydoun à Alger.</p>
<ul>
<li>Réalisé en 2008 par le jeune Djamel Ouahab, ce film-documentaire de 90 minutes, raconte l&#8217;histoire des anciens vétérans français et des touaregs algériens, victimes des premiers essais atomiques français à Reggane (Sud-Ouest) et à In-Eker (Tamanrasset) entre 1960 et 1966.<br />
La majorité des personnes interviewées dans ce film, projeté dans le cadre du cycle cinématographique &laquo;&nbsp;Reggane mon amour&nbsp;&raquo;, témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies apparues plusieurs années après le déroulement des essais nucléaires, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont produits.</li>
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<div>Des images montrant le point zéro de &laquo;&nbsp;Gerboise Bleue&nbsp;&raquo;, premier essai atomique français en atmosphère, quatre fois supérieur à Hiroshima, ont accompagné des témoignages poignants de vieilles personnes algériennes et françaises ayant vécu l&#8217;explosion et qui gardent des séquelles flagrantes sur leur physique, dont des irritations de peau et cécité.</div>
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<div>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai choisi &laquo;&nbsp;Gerboise bleue&nbsp;&raquo; comme sujet de mon film-documentaire parce que ce tir atmosphérique, qui était d&#8217;une puissance quatre fois supérieur à celle de Hiroshima, me paraissait beaucoup plus destructeur que les autres tirs&nbsp;&raquo;, a indiqué le réalisateur Djamel Ouahab à la presse. &laquo;&nbsp;J&#8217;ai voulu, à travers ce film, donner la parole aux victimes, celles qui ont été les premières touchées, à savoir les populations des Oasis et les militaires français, qui tous étaient au même titre que les autres, dans l&#8217;ignorance la plus totale sur les risques et dangers de ces essais nucléaires&nbsp;&raquo;, a-t-il ajouté.</div>
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<div>&laquo;&nbsp;J&#8217;espère que mon film contribuera à éveiller les consciences et à sensibiliser les politiques sur la gravité de la situation&nbsp;&raquo;, a souligné le réalisateur Ouahab, ajoutant que les populations de la région, méritent aujourd&#8217;hui d&#8217;être sérieusement prises en charge. Il a également souligné la nécessité d&#8217;élaborer des études épidémiologiques dans les zones proches des lieux où se sont produits les tirs atmosphériques ainsi que dans les zones contaminées.</div>
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		<title>Boumediène envisageait de libéraliser le régime</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 12:03:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Salim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Véritable homme frontière comme on n’en trouve plus de nos jours, Paul Balta a séjourné à Alger durant les années 1970. Sous-chef du service Proche-Orient au journal Le Monde, il a été correspondant au Maghreb, avec résidence à Alger de 1973 à 1978. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, ce passeur entre les cultures et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Véritable homme frontière comme on n’en trouve plus de nos jours, Paul Balta a séjourné à Alger durant les années 1970. Sous-chef du service Proche-Orient au journal Le Monde, il a été correspondant au Maghreb, avec résidence à Alger de 1973 à 1978. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, ce passeur entre les cultures et amoureux de la Méditerranée reviendra sur le parcours de l’homme fort d’Alger qu’il a connu et dont il a apprécié les qualités, indéniables, soutient-il.<br />
D’ailleurs, le journaliste ne s’est jamais départi de la sympathie qu’il a pour le président algérien. L’écrivain le fait toujours savoir dans ses entretiens avec les mêmes mots, toujours bien sentis. Paul Balta a écrit, entre autres ouvrages, La Stratégie Boumediène, Sindbad, 1979 ; La Vision nassérienne, Sindbad, 1982 ; ou encore L’Algérie, éditions Milan, Toulouse, 2000.<br />
<strong>Comment s’est déroulée votre première rencontre avec le président Houari Boumediène ? Les appréhensions que vous ne manquiez pas d’avoir ont-elles disparu depuis ?</strong><br />
Correspondant du journal Le Monde au Maghreb, de la Libye à la Mauritanie, résidant en Algérie de 1973 à 1978, j’ai rencontré Houari Boumediène avant la IVe Conférence des chefs d’État des pays non alignés (Alger, 5-9 septembre 1973). Ce premier contact, déterminant pour la suite de nos relations, nous éclaire sur sa personnalité. Je venais de publier La politique arabe de la France et des articles sur l’enseignement de l’arabe. Ils étaient sur son bureau. Après un tour d’horizon, en français, au cours duquel il m’avait interrogé sur mes entretiens avec De Gaulle, Pompidou et Nasser, je lui avais dit : « Monsieur le Président, je crois que vous accordez vos interviews officielles en arabe. » Il avait approuvé d’un signe de la tête. « Cela ne me dérange pas. Toutefois, au Collège Saint Marc, à Alexandrie, mes professeurs égyptiens m’ont enseigné un arabe classique, un peu archaïque. » Il a poursuivi : « Hélas, hélas ! Et cela n’a pas changé ! » D’une extrême courtoisie, il avait eu un geste d’excuse pour m’avoir interrompu et m’a invité à poursuivre. Je lui ai alors expliqué que j’avais acquis seul mon vocabulaire économique et politique et demandé de me parler plus lentement en abordant ces thèmes. En grand seigneur, il a répondu : « Monsieur Balta, vous avez beaucoup fait dans vos écrits pour la culture des Arabes et leur dignité. Nous avons commencé en français, nous continuerons donc en français ! » Et il en fut ainsi pendant quelque cinquante heures d’entretiens en tête-à-tête qu’il m’a accordés en cinq ans et qui furent d’une grande liberté de ton. Si j’avais des appréhensions avant l’entretien, elles se sont vite dissipées lorsqu’il m’a dit : « Vous appartenez au monde arabe par votre mère. C’est important, car chez nous la mère compte plus. Vous expliquez le monde arabe de l’intérieur. C’est pourquoi j’ai souhaité vous voir nommé correspondant à Alger. Voilà, maintenant, vous êtes des nôtres. »<br />
 <strong>On disait que l’homme discret ne menait pas la grande vie. D’où lui est venu ce trait de caractère qui le distingue des présidents qui ont accédé à la magistrature suprême depuis l’Indépendance du pays ?</strong><br />
Discret mais efficace, timide mais fier, réservé mais volontaire, autoritaire mais humain, généreux mais exigeant, prudent dans l’audace, voilà comment m’est apparu Boumediène. Pourquoi ? Né dans une famille de paysans pauvres, de père arabophone et de mère berbérophone, il estimait qu’il incarnait les deux grandes ethnies de l’Algérie. En outre, il a passé son enfance parmi les fellahs dont il a conservé la rusticité dans sa vie personnelle. Une fois au pouvoir, il considérait que l’argent de l’État appartenait à la nation et ne devait pas être dilapidé. Par exemple, contrairement à plusieurs chefs d’État arabes, il ne s’est pas fait construire un ou même plusieurs palais luxueux en Algérie ou à l’étranger. De même, pour ses déplacements à Alger et dans les wilayas voisines, il disposait de voitures confortables, sans plus. À ses yeux, avoir des autos de luxe du genre Rolls Royce ou Mercedes, c’était du gaspillage. Il m’avait raconté qu’un émir du Golfe lui avait offert une de ces voitures de luxe qu’il a aussitôt fait mettre dans un garage. Après sa mort, on l’y a retrouvée rouillée et pratiquement inutilisable. Je signale aussi qu’à la suite de son mariage avec Anissa El-Mensali, jeune avocate au Barreau d’Alger, début 1973, période où l’Algérie reçoit de nombreux chefs d’État et s’affirme sur la scène internationale, on remarque plus de recherche dans le choix de ses costumes, il change souvent de cravate et remplace son traditionnel burnous marron assez rugueux par un superbe burnous noir en poil de chameau, dont deux oasis sahariennes ont la spécificité. La meilleure preuve de son intégrité : à sa mort, il n’y avait que 6000 dinars sur son compte CCP et c’était le seul qu’il avait. Homme intègre, Boumediène a certes fermé les yeux sur les abus (détournements de fonds ou de terres agricoles, abus de pouvoir, etc.) commis par des chefs militaires. Interrogé sur ce point, il m’avait répondu : « J’aurais voulu m’en séparer, mais je n’ai pas trouvé des gestionnaires aussi capables pour les remplacer. » Il a néanmoins veillé à limiter au maximum le phénomène de la corruption. C’est sous Chadli Bendjedid qu’elle prendra une forme quasi institutionnelle.<br />
<strong>La liberté de ton et l’ouverture d’esprit qu’il avait en privé avec ses interlocuteurs, surtout étrangers, ne contrastent–elles pas avec l’ambiance générale des libertés personnelles et collectives ? Des opposants au régime en place ont été contraints à l’exil, alors que d’autres furent malmenés pour « menées subversives ». Comment expliquer ce contraste ?</strong><br />
Certes, on peut citer plusieurs exemples. Ainsi jugeait-il sévèrement les responsables du FLN qui avaient profité de leur position pour s’adjuger des biens ou de l’argent. On peut citer aussi le cas de Kaid Ahmed, qui l’avait rejoint en 1965 et qu’il avait nommé membre du Conseil de la Révolution et ministre des Finances. En 1969, il deviendra numéro deux du système et sera nommé au poste de responsable de l’appareil du FLN. En désaccord avec Boumediène au sujet de l’application de la Révolution agraire, il démissionne en 1974 et s’exile en France, puis en Libye et, enfin, au Maroc. Toutefois, des cas comme celui-ci sont peu nombreux en comparaison avec la plupart des pays arabes où les chefs d’État sont impitoyables avec les opposants. Je rappelle que Boumediène avait trois cercles de collaborateurs : 1- le noyau dur, très proche de lui, 2- ceux de la présidence, choisis en fonction de leurs compétences et de leur disponibilité, 3- ceux auxquels il déléguait ses pouvoirs. J’ai pu constater quand j’allais à la présidence ou lorsque je couvrais un de ses voyages dans le pays, qu’il avait un rapport de courtoisie avec ses collaborateurs, qu’il s’agisse des ministres, de ses conseillers et aussi de ses secrétaires, de ses chauffeurs et de ses gardes du corps. Néanmoins, il était aussi très ferme et exigeant, comme il l’était avec lui-même. Je souligne qu’il l’était aussi, sauf en de rares exceptions, avec ses interlocuteurs étrangers.<br />
 <strong>Le président Boumediène comptait faire de « grandes choses » et surprendre ses proches collaborateurs en engageant des réformes… Malheureusement la maladie l’a pris de court. Qu’en est-il exactement ?</strong><br />
 Ses réflexions, au cours de notre dernier entretien, m’avaient donné à penser qu’il envisageait de libéraliser le régime. Le Monde ayant décidé de m’envoyer en Iran couvrir la Révolution islamique de l’ayatollah Khomeyni, j’ai rencontré Boumediène à la fin août 1978 pour l’en informer et lui faire mes adieux. Il m’a dit être consterné et a insisté pour que je reste : « Vous avez vécu la mise en place des institutions, il faut aller jusqu’au bout. Il va y avoir des changements importants. J’envisage, pour la fin de l’année ou le début de 1979, un grand congrès du parti. Nous devons dresser le bilan, passer en revue ce qui est positif mais surtout examiner les raisons de nos échecs, rectifier nos erreurs et définir les nouvelles options. Témoin de notre expérience, vous êtes le mieux placé pour juger ces évolutions. » Je lui ai alors posé ces questions : « Envisagez-vous d’ouvrir la porte au multipartisme ? » « Allez-vous accorder plus de place au secteur privé ? » « Pensez-vous libéraliser la presse et faciliter l’organisation du mouvement associatif ? » La façon dont il avait souri allait dans le sens d’une approbation. Il avait conclu : « Vous êtes le premier à qui j’en parle. Je ne peux être plus explicite pour le moment. Faites-moi confiance, vous ne serez pas déçu ! » Par la suite, Ahmed Taleb Ibrahimi m’avait dit que le Président l’avait informé de cet échange et confirmé sa volonté de changement. Le Monde avait maintenu mon rappel et Boumediène, mort le 28 décembre, n’a pu mettre en oeuvre ses réformes.<br />
<strong>Boumediène s’était entouré d’hommes qui lui sont restés fidèles jusqu’à la fin. Comment s’est fait son choix ? Ces hommes se sont-ils imposés à lui au gré des rencontres et des crises qu’a connues le FLN durant la guerre de Libération ? Cette garde prétorienne pouvait-elle lui échapper ?</strong><br />
Dès les années 1950, Boumediène se méfiait des hommes politiques. Il reprochait à nombre d’entre eux de s’être embourgeoisés dans les capitales arabes et autres et de se livrer à des intrigues pour satisfaire leurs ambitions personnelles. En outre, le FLN dont il reconnaissait le rôle déterminant dans la mobilisation contre la colonisation lui apparaissait comme un mouvement déchiré entre tendances divergentes. Voyant loin, il s’appliqua alors à faire de l’ALN une force organisée et disciplinée, garante une fois l’Indépendance acquise de l’unité nationale et territoriale au nom de l’idéal révolutionnaire. Dès lors, l’armée est devenue sa véritable famille. Parmi les collaborateurs qui étaient les plus proches de lui et qui étaient souvent ses confidents, je citerai ceux que j’ai bien connus. Ahmed Taleb Ibrahimi, médecin de formation, ministre de l’Information et de la Culture, à mon arrivée. C’est un homme d’une très grande culture arabe et française. Abdelaziz Bouteflika, qui a eu le privilège d’être à l’échelle internationale le benjamin puis le doyen des ministres des Affaires étrangères (1963-1979) et le président de l’Assemblée générale de l’ONU en 1974, lui aussi m’avait souvent reçu en tête-à-tête et fait des confidences qui m’avaient beaucoup aidé dans mon travail. Il y avait aussi le Dr Mahieddine Amimour, chargé des relations avec la presse à la présidence. Anissa Boumediène m’avait expliqué que Boumediène respectait le principe de la collégialité. Exemple : lorsqu’un ministre proposait un projet ou une directive en contradiction avec son point de vue, il lui disait : « J’accepte. Si ça marche, c’est toi qui en bénéficieras. Si ça ne marche pas, c’est le Président qui en assumera la responsabilité. » De toute façon, sa garde prétorienne n’avait aucune raison de lui échapper.<br />
<strong>Pourquoi Boumediène est-il resté plus de dix ans après sa prise du pouvoir avant de se résoudre à initier des textes valant « code de gouvernance » (Charte et Constitution de 1976), alors qu’il s’est toujours efforcé de donner de lui-même l’image de quelqu’un qui incarnait l’Etat, qui avait « cette passion d’Etat » dont vous-même vous aviez parlé ?</strong><br />
 Effectivement, Boumediène avait la « passion de l’État » et n’a cessé de le prouver. Il voulait tout d’abord édifier l’État centralisé que l’Algérie n’avait pas eu dans le passé, contrairement au Maroc et à la Tunisie et il a réussi. Il était également très fier d’avoir institué les Assemblées populaires communales (APC) en 1967, puis les Assemblées populaires de wilaya (APW) en 1969. Au cours d’un entretien début 1975, il m’avait dit : « Pour ce qui est de la démocratie, mes prédécesseurs ont fait les choses à l’envers en commençant par l’Assemblée nationale, c’est comme s’ils avaient placé la pyramide sur la pointe. Moi, j’ai commencé par la base. » Je lui avais alors fait observer que APC et APW auraient bientôt dix ans. Dès lors, ne fallait-il pas envisager la mise en place d’une Assemblée nationale ? Il m’avait répondu : « Je crois que nous ne sommes pas mûrs. » Je lui ai demandé : « Qui, nous ? » Et il m’a répondu : « Le peuple algérien. » Je n’ai pas hésité à exprimer mon étonnement, en soulignant que ce peuple avait donné la preuve de sa maturité politique au cours des huit ans de la guerre de Libération, mais aussi depuis l’Indépendance et, surtout, depuis son accession au pouvoir en acceptant bien des sacrifices pour favoriser le développement à marche forcée. Il fronça les sourcils et prit le temps de la réflexion avant de s’exclamer : « Non, nous ne sommes pas mûrs. En effet, contrairement aux APC et aux APW, l’Assemblée nationale sera une vitrine intérieure et extérieure. Je ne voudrais pas qu’elle soit la vitrine de nos divisions et de nos régionalismes. » Néanmoins, réflexion faite, il ne tardera pas à mettre en œuvre une série de réformes : l’adoption en 1976 de la Charte nationale, puis celle de la Constitution et l’élection du président de la République au suffrage universel. En 1977, l’Assemblée nationale sera enfin mise en place afin que « la légitimité révolutionnaire soit couronnée par la légitimité constitutionnelle ».<br />
<strong>Les relations avec la France de De Gaulle et par la suite de Giscard et avec d’autres pays étaient empreintes d’une certaine constance. La diplomatie, soutient-on toujours, n’a jamais connu autant de prestige que durant son règne. A quoi attribuez-vous cela ? Peut-être aux relations qu’auraient tissées, pendant la guerre, les réseaux du FLN…</strong><br />
Le général de Gaulle voulait préserver l’avenir de la coopération malgré les passions suscitées par le conflit au Sud et au Nord. Il m’avait dit, en 1967, avoir de la considération pour Boumediène qui venait d’accéder au pouvoir. D’ailleurs, vers la fin de la guerre, un de ses collaborateurs avait établi et commenté une liste des chefs de l’ALN. Devant « Boumediène », il avait écrit : « Obscur colonel qui ne semble pas voué à un grand avenir. ». Le général avait ajouté : « Je pense exactement le contraire. » L’homme du 18 juin 1940 avait compris les motivations de celui qui est devenu l’homme du 19 juin 1965. Les deux communiquaient à travers leurs ambassadeurs. En 1967, invité par De Gaulle à Paris pour une visite de travail, Boumediène avait décliné l’offre, car il souhaitait une visite d’État avec cortège sur les Champs-Élysées et dépôt d’une gerbe de fleurs à l’Arc de Triomphe. Mais un tel cérémonial était prématuré, compte tenu des blessures non encore cicatrisées. Georges Pompidou (1969-1974) renouvela l’invitation, mais la nationalisation des hydrocarbures (février 1971) entraîna l’ajournement du projet. Finalement, c’est Gaiscard d’Estaing qui proposera de faire la visite d’État en Algérie, en 1975. Dans son discours d’accueil officiel, Boumediène avait affirmé vouloir « tourner la page, sans la déchirer » et proposé une importante coopération entre l’Algérie et la France. Hélas, selon ce que m’avait confié notre ambassadeur, M. Soutou, « Giscard l’avait considéré comme un bougnoul et n’avait guère pris en considération ses multiples propositions ». Boumediène ne m’avait pas caché sa déception. Il avait alors souligné son admiration pour De Gaulle : « Ce visionnaire, rénovateur de la politique arabe de la France. » Il confirmera sa position dans son message de condoléances, à la mort du général en 1970 : « Je m’incline devant le patriote exceptionnel qui a su concevoir dans une vision noble et généreuse (…) l’avenir des peuples algérien et français. » Quoi qu’il en soit, certains de ses conseillers avaient suggéré à Boumediène de « banaliser » les rapports entre Alger et Paris. Il avait répondu : « On ne peut ignorer le poids de l’histoire. Les relations entre la France et l’Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises. En aucun cas, elles ne peuvent être banales ! »<br />
 <strong>Le système Boumediène s’est-il perpétué après sa disparition ou bien ses successeurs ont dilapidé l’héritage qu’il a laissé ?</strong><br />
À ma connaissance, c’est Abdelaziz Bouteflika qui aurait dû lui succéder. En fait, c’est sous Chadli Bendjedid que la corruption, dont il a été le premier bénéficiaire, s’est institutionnalisée. En outre, le développement économique s’est dégradé, le chômage a atteint des proportions inquiétantes et le fossé s’est creusé gravement entre riches et pauvres. De même, la dégringolade s’est produite dans le domaine de la culture et sur le plan international. Cette évolution a favorisé la montée des mouvements islamistes qui ont acquis de la popularité en dénonçant ces erreurs. Ces mouvements dont l’idéologie et les actions sont contraires à l’islam sont à l’origine du terrorisme des années noires qui ont fait plus de 150 000 morts. Oui, dans l’ensemble, ses successeurs – à part Mohamed Boudiaf, assassiné le 29 juin 1992, six mois après son accession au pouvoir &#8211; ont dilapidé l’héritage de Boumediène. Abdelaziz Bouteflika, élu président en 1999, a amorcé le redressement.<br />
<strong>D’aucuns font le rapprochement entre la personnalité de Boumediène et celle de Bouteflika, alors que des frictions sont apparues durant le règne du premier. Est-ce de nouveau la « boumediénisation » à outrance de la vie politique après un intermède de plus de vingt ans ?</strong><br />
Certes, il y a eu quelques points de désaccord et des frictions entre Boumediène et Bouteflika. Par exemple, ce dernier avait fait observer que, selon les règles diplomatiques, il revenait à Giscard d’Estaing de recevoir Boumediène à Paris, puisque la France avait lancé la première invitation dès 1947. Finalement, Boumediène avait tranché en faveur de la visite estimant que Giscard d’Estaing avait fait un geste de « bonne volonté » en proposant d’aller en Algérie, alors qu’il était surtout ami du roi Hassan II. Ces divergences faisaient partie du jeu et ne portaient pas sur l’essentiel. En effet, la politique étrangère très dynamique a été mise en oeuvre par Boumediène et Bouteflika. Elle a permis à Alger, pour la première fois de son histoire, de nouer des liens jusqu’en Asie, en Amérique latine et au Canada et d’occuper sur la scène internationale une place qui allait bien au-delà de son poids réel. Elle a perdu cette place à la présidence de Chadli Bendjedid et n’a commencé à la retrouver qu’après l’élection de Bouteflika à la présidence en 1999. <strong>Boumediène peut-il encore servir de modèle pour la génération actuelle lorsque l’on sait que le personnel politique qui a servi sous son règne est toujours aux commandes ?</strong><br />
 Même s’il a commis des erreurs &#8211; quel chef d’État n’en a jamais commis ? -, je crois personnellement que Houari Boumediène peut encore servir de modèle sur de nombreux plans, comme nous l’avons vu. Que des membres du personnel politique qui a servi sous son règne soient toujours aux commandes n’enlève rien à son apport. Je retiens en particulier son amour pour l’Algérie et pour le peuple algérien, sa passion de l’État, son intégrité, son côté visionnaire. N’oublions pas qu’en avril 1974, il a participé à la Session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU où il a lancé les grandes lignes du Nouvel ordre économique international et proposé un Nouvel ordre politique et un Nouvel ordre culturel, prenant en compte les apports et les besoins des pays en développement. Ces problèmes sont toujours d’actualité !</p>
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