Un jeune harraga chanceux raconte sa traversée

Dans un témoignage édifiant, un jeune Algérien Mostfaoui Ahmed raconte comment il a été tenté par l’aventure de l’immigration clandestine et sa traversée périlleuse à bord d’une embarcation de fortune vers les côtes Espagnoles à partir d’une plage Oranaise et ce à l’âge de 15 ans en compagnie de 8 autres émigrants clandestins tous bien plus âgés que lui.
C’était en l’an 2006 en Septembre juste après le mois du Ramadhan, que Ahmed, qui vivait dans une grande précarité sociale, avait décidé de tenter l’aventure de l’immigration clandestine au péril de sa vie lors d’une traversée à hauts risques.
Issu d’une famille Oranaise démunie, Ahmed Mostafaoui était le plus jeune de ses 6 frères et sœurs.
Il a été renvoyé de l’école dès l’âge précoce de 10 ans et était livré à lui-même.
Son père est décédé prématurément d’un cancer et sa mère s’est retrouvée pratiquement sans revenu et ses frères n’avaient aucun emploi pour subvenir aux besoins de leur famille.
Pour aider un tant soit peu sa famille, Ahmed à l’âge de 15 ans, a fait le porteur de cageaux dans les marchés, vendeur à la sauvette…, pour ramener quelques dinars salvateurs pour ses proches.
Mais au fil des discussions qu’il avait eu dans la rue avec des anciens Harraga, l’idée de tenter la traversée clandestine à partir d’Oran vers les côtes Espagnoles commença à germer dans son esprit.
Au vu de la situation sociale déplorable dans laquelle il se débattait lui et sa famille, le jeune Ahmed pris la décision définitive de partir vers l’Espagne en Harraga pour espérer avoir une vie meilleure de l’autre côté de la méditerranée.
Sans avoir préalablement avisé les membres de sa famille qui n’était pas du tout au courant de son plan de Harraga, Ahmed Mostefaoui avec le précieux concours d’un ami d’enfance, s’est embarqué en pleine nuit sur un Zodiac équipé d’un petit moteur avec 8 autres émigrants clandestins dont certains étaient des pères de familles.
Ahmed dira que la traversée était très pénible et que lui et ses compagnons d’infortune ont vécu l’horreur et ont frôlé la mort à plusieurs reprises sur une mer très houleuse pendant de longues heures. Un véritable calvaire, dira-t-il.
Par une chance inouïe, ils ont pu arriver à quelques milles nautiques des côtes Espagnoles près de la ville de Almeria où ils furent immédiatement interceptés par les gardes côtes Espagnoles qui les conduisirent dans un centre d’accueil.
Sur place, ils furent interrogés après la vérification de leurs identités, ensuite ils furent pris en charge par une association caritative Espagnole activant à Almeria.
Ahmed raconte comment cette association l’a pris en charge sur tous les plans en lui assurant une formation professionnelle dans le domaine de l’électricité et la cuisine.
En l’espace de 2 années de formation rigoureuse, le jeune Ahmed dira qu’il a décroché un diplôme de cuisinier et d’électricien en bâtiment.
En outre, parmi d’autres péripéties, Ahmed raconte comment l’Eglise de cette ville Espagnole l’a approché pour lui proposer de se convertir au Christianisme, une idée qu’il a refusé soulignant qu’il ne pouvait pas renier son Islamité.
Par contre, dira Ahmed, un nombre de Maghrébins, notamment des Algériens, des Marocains et des Tunisiens qui avaient réussi à atteindre les côtes Espagnoles grâce à la filière de l’immigration clandestine n’ont pas hésité à se convertir au Christianisme après avoir été approché par cette église et ses missionnaires à Almeria.
Plusieurs de ces Harragas dira-t-il, ont mal tourné et se sont enfoncés dans la délinquance et la débauche en Espagne à cause de la précarité dûe à leur statut d’illégaux.
Mais le jeune Ahmed a été plus chanceux et a réussi à se trouver du travail grâce à ses 2 diplômes et à gagner sa vie aisément avec environ 900 Euros par mois après avoir atteint la majorité à 18 ans.
Grâce à cette association caritative Espagnole qui lui a tendue la main, Ahmed a même réussi à avoir des papiers en règle à Almeria et est actuellement en mesure d’aider financièrement sa famille à Oran avec qui il est en contact permanant.
Malgré sa réussite inespérée, Ahmed nous dira qu’il ne tenterait plus jamais la traversée en mer dans le cadre de l’immigration clandestine pour tout l’or du monde après l’épouvante et la frayeur qu’il a vécu en haute mer à bord de cette embarcation de fortune.

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3 Responses to Un jeune harraga chanceux raconte sa traversée

  1. je vient de lire cette article et je suis heureuse de la réussite simple de ce jeune homme cependant l’idée de convertir les musulmans au christianisme a almeria ma terriblement choqué car je trouve que c’est de l’abbu et certainement du chantage . personnelement je préfereais mourir que de regnier ma religion .

  2. bonsoir
    je viensde lire cet article qui me donne un peu d espoir dans ma recherche.
    En effet je suis a la recherche de mon cousin kada benchaib houari partit clandestinement d algerie vers beni saf
    j’aimerais savoir si vous pouvez m’aider a avoir des adresse d’associations qui aident ses clandestins .
    merci par avance.

  3. Bonjour

    Je m’appelle Eric Van Hove, artiste Belge ne en Algérie. Dans le cadre d’une large exposition pour la première biennal d’Alger au Musée National d’Art Moderne et Contemporain d’Alger, je vais proposer un travail sur les Harragas.

    Si l’introduction à la biennale d’Alger parle du «rêve éternel de l’homme d’appartenir à un monde sans frontières» que «les artistes ont souvent mis en forme, donnant à voir et à penser la source des choses de la vie», le travail se présente comme une série de brûleurs de gaz reliés par des tubes en cuivre alignés composant le mot ﺣﺮﺍﻗـة, et reliés à une large bombonne de gaz. A la fois illustration littérale du sens du mot Arabe ḥarrāga (« qui brûlent » (leurs papiers)), réflexion indirecte sur la production de gaz Algérien, et monument rappelant la tradition de la Tombe du Soldat Inconnu où brûle une flamme qui ne s’arrête jamais, le travail n’est pas un monument dédié à la « harga » (qui à d’ailleurs été pénalisée en Algérie) mais aux ﺣﺮﺍﻗـة, ces victimes d’une déficience économico-sociale tant Européenne que Maghrébine.
    Ce n’est pas un monument à des guerriers inconnus morts pour une patrie, mais aux victimes inconnues d’une ère apatride.

    Je souhaite lancer un appel aux familles des Harragas Algérien, l’appel est lance sur facebook ici: http://www.facebook.com/inbox/?ref=mb#/event.php?eid=172509078370&ref=mf

    L’œuvre sera installée dans l’axe de l’entrée du Musée pendant 4 mois. Devant elle se trouve une zone de 40 m2, et je souhaite inviter les familles ayant perdu un proche, et cela durant toute la durée de l’exposition à partir du 17 Novembre à midi, à venir déposer une gerbe de fleur, un objet, une photo ou un avis de recherche sur le sol en face de l’œuvre.

    cordialement

    Eric v h

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